Jour de pluie
Enveloppe, bouche et comble.
Présence sonore.
Quelques-uns résistent : plus forte, les efface.
Se trouve alors seule.
Voudrait en finir avec feuilles, sols, aspérités,
tout ce qui sonne contre elle.
Ronge, déchiquette, pourrit tout,
s’infiltre en la terre
qui la boit jusqu’à la vomir
en d’épais torrents tumultueux.
Indésirable.
C’est pour huit jours,
régulière, pénétrant toute chose,
ou pour quelques heures,
déployant alors toute son arrogance
en transpercements qui assomment.
Somnifère, relaxante aussi
dans ses bruissements ondulants.
Ici, autour, en tout lieu.
Mais s’annonce comme prince et sa suite,
par grand vent, fraîcheur subite,
rumeur de végétaux tambourinés.
D’abord lointaine et unie, indistincte,
puis présente, une en d’infinies parcelles.
L’oreille s’y repose, s’y oublie,
on se blottit.
Pesanteur uniforme te disperse.
De grands souffles te rythment :
alors tu claques, gifles et piques.
Te répands, fragile, et t’amuses
à vouloir jaillir d’où tu viens.
Finalement, tu passes promptement,
anonyme unique.
Te lasses de tant d’indifférence,
rompue, crevée, lasse.
Ta splendide s’efface.
Passes, ne reste que flaques : pluie.
P.S.
Taruka, Août 1997.