Traversées
Edimbourg / Belfast / Glasgow / Londres / Paris / Marseille / Bilbao / La Corogne
On ne peut comprendre un quartier, une ville, un pays, sans y rester, y vivre le temps d’en éprouver l’espace, les lumières, les rencontres. Mais comprendre n’est pas toujours percevoir,
C’est la force du regard de l’étranger qui capte en un coup d’œil les détails significatifs que l’habitué ne voit pas. La distance à adopter pour voir une ville est très délicate à trouver pour celui qui connaît bien cette ville.
Quand on apprend à dessiner, il ne faut pas chercher à comprendre ce que l’on observe, le mécanisme, le fonctionnement. L’œil doit chercher à guider directement la main, on pourrait presque dire que c’est le cerveau qui nous empêche de dessiner exactement.
Contrairement à la plupart de mes travaux, qui se déroulent dans la durée, j’ai cherché ici à capter un premier regard, rapide, presque automatique, parfois en mouvement. Des images fugitives, subjectives, sans aucune exhaustivité.
Il ne s’agit en rien de portraits de villes, mais de captures immédiates, sans réfléchir. Des images proches de celles qui nous restent de ces impressions chatoyantes vues du train.
On s’y projette en imaginant rester là, un peu plus longtemps, mais trop tard, l’image reste en mémoire et habitera notre imaginaire sans que l’œil n’ait eu le temps de s’en lasser.
Des temps d’arrêt aussi, l’instant d’une pause, de faire le cadre de s’asseoir, mais pas de s’installer.
Ces traversées ont accompagné mes déambulations depuis l’Ecosse jusqu’en Galice. Elles proposent un voyage fictif de quelques jours du nord au sud de l’Europe.
|