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Au début des années 90, l’intérêt pour la photographie africaine prenait une nouvelle tournure. La découverte d’une pratique intense dans de nombreuses capitales d’Afrique (Côte d’Ivoire, Bénin, Mali notamment) éclairait d’un nouveau jour l’histoire de la photographie dans les pays non occidentaux. En 1994, la création des premières « Rencontres internationales de la photographie en Afrique » de Bamako marquait l’entrée de ces photographies sur la scène artistique mondiale.
La même année, la grande rétrospective à la Fondation Cartier à Paris de l’œuvre de Seydou Keïta fut une étape spectaculaire du nouveau regard porté sur ces photographies. Simple photographe de quartier de Bamako, Seydou Keïta était soudainement placé sous les projecteurs d’une reconnaissance internationale.
D’autres collections de photographies pour la plupart inconnues en Europe, constituent aujourd’hui un patrimoine fragile. Les Archives Nationales du Mali s’attachent à conserver de nombreux fonds de photographies, mais faute de moyens et de conditions climatiques difficiles certaines de ces images risquent de disparaître ou de se détériorer à jamais. D’autres fonds à caractère privés restent en dehors de toute considération patrimoniale. L’idée de ce projet est de sensibiliser des étudiants maliens et français à cette situation. Il s’est mis en place autour de trois fonds : celui de l’Institut Français d’Afrique Noir, conservé par les archives du Mali, celui du photographe Adama Kouyate installé à Ségou et encore actif aujourd’hui, et celui de Seydou Keïta géré par la fondation S. Keïta depuis sa mort en 2001.
En avril 2009 une quinzaine d’étudiants, de Gobelins l’école de l’image à Paris et de L’institut National des Arts de Bamako ont travaillé ensemble grâce au concours des Archives nationales du Mali et de Alioune Bâ, photographe malien. Cette première mission a permis de numériser et d’indexer plusieurs centaines de d’originaux (négatifs 6x6, 13x18, tirages 9x13) et d’offrir une formation sur la valorisation d’archives photographiques à ces étudiants.
Une exposition autour de ce travail a été présentée pour la première fois en avril 2010.
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